L’Iran a mis en garde contre les répercussions catastrophiques de la poursuite de l’expansion et de la modernisation de l’arsenal nucléaire américain, déclarant que la politique nucléaire de Washington menace l’humanité entière, des décennies après que les États-Unis soient devenus le seul pays à avoir utilisé l’arme atomique en temps de guerre.
La mission permanente de l’Iran à Vienne a lancé cet avertissement dans un communiqué publié ce mercredi 5 août, à l’occasion de l’anniversaire des bombardements atomiques américains d’Hiroshima et de Nagasaki, les attaques qui « rappellent en permanence les répercussions humaines dévastatrices des armes nucléaires ».
« Prévenir de futures tragédies telles que les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki exige un engagement sincère en faveur du désarmement nucléaire et de l’instauration d’un monde exempt d’armes de destruction massive », indique le communiqué.
La mission a souligné que les pertes humaines massives, les destructions généralisées et les radiations mortelles causées par ces bombardements, dont les effets se sont fait sentir jusqu’aux générations suivantes, mettent en lumière l’urgence d’éliminer toutes les armes nucléaires.
« En tant qu’État partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), l’Iran soutient l’élimination totale de toutes les armes nucléaires, réaffirme son engagement indéfectible en faveur d’un monde exempt d’armes nucléaires et défend son droit légitime à l’utilisation pacifique de la science et de l’énergie nucléaires », poursuit le communiqué.
La mission permanente de l’Iran à Vienne a souligné le fait que les États-Unis demeurent le seul pays à avoir utilisé l’arme nucléaire en temps de guerre, tout en continuant à développer et à moderniser leur arsenal nucléaire.
Elle a par ailleurs insisté sur le fait que Washington, bien que signataire du TNP, manque depuis des décennies à ses obligations en matière de désarmement nucléaire.
Pour rappel, les États-Unis ont signé le TNP en 1968, lors de son ouverture à la signature. Aux termes de ce traité, Washington est reconnu comme l’un des cinq États dotés de l’arme nucléaire, aux côtés de la Chine, de la France, du Royaume-Uni et de la Russie.
Ce communiqué intervient alors qu’Hiroshima a commémoré, ce jeudi 6 août, le 81e anniversaire du bombardement atomique américain de la ville japonaise.
Le maire d’Hiroshima, Kazumi Matsui, a dénoncé les grandes puissances qui justifient l’utilisation des armes nucléaires par le concept de dissuasion, avertissant que de telles politiques pourraient attiser les cycles de violence.
« Minimiser l’inhumanité des armes nucléaires et accepter le recours à la force pour assurer sa propre prospérité, c’est prendre le risque d’entrer dans des cycles de représailles violentes qui pourraient, à terme, conduire à un autre Hiroshima ou à un autre Nagasak », a-t-il déclaré.
M. Matsui a souligné que la croyance persistante en la dissuasion nucléaire « ne fait que repousser toujours plus loin la perspective d’un monde sans armes nucléaires ».
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a également appelé à redoubler des efforts pour éliminer la menace nucléaire, qualifiant Hiroshima d’« exemple inspirant de résilience, de renouveau et d’espoir ».
« L’horreur des armes nucléaires n’est qu’une des leçons d’Hiroshima. Une autre est la nécessité de construire un monde où la menace ou l’utilisation de ces armes devient impensable », a déclaré M. Guterres dans un communiqué.
Le 81e anniversaire intervient dans un contexte marqué par un débat croissant au Japon autour de sa politique non-nucléaire de longue date, alors que le gouvernement de la Première ministre Sanae Takaichi envisage des modifications du cadre de sécurité et de défense du pays plus tard cette année.
Le gouvernement Takaichi étudie la possibilité de réexaminer les trois principes de non-nucléarisation du Japon, qui interdisent la possession, la production et l’introduction d’armes nucléaires sur le territoire japonais.
Mme Takaichi a notamment insisté sur une révision du troisième principe, qui pourrait autoriser les États-Unis à déployer les armes nucléaires au Japon.